Transports en Provence Verte : depuis la rentrée, c’est la pagaille !

Bus à l’arrêt dans une gare routière sous la pluie, illustration des transports en Provence Verte.
Transports en Provence Verte : une nouvelle organisation en place depuis la rentrée. Image d'illustration.

Depuis le 1er septembre, la nouvelle organisation des transports en Provence Verte provoque incompréhension et mécontentement chez une partie des usagers. En cause notamment : une nouvelle répartition entre les lignes régionales ZOU! et le réseau Mouv’enbus, des horaires qui ne compensent pas toujours les anciennes possibilités de déplacement et des correspondances parfois mal adaptées. Un mois après la rentrée, Provence Verte Agglomération reconnaît des « couacs » et prépare déjà plusieurs ajustements.

ZOU! d’un côté, Mouv’enbus de l’autre

Depuis la rentrée, les déplacements effectués entièrement à l’intérieur de Provence Verte Agglomération doivent être assurés par Mouv’enbus. Certaines lignes régionales ZOU! continuent de traverser le territoire, mais fonctionnent selon le principe des « portes fermées » pour les trajets internes. Un car peut ainsi s’arrêter à Rocbaron puis rejoindre Brignoles sans pouvoir être utilisé par un voyageur souhaitant uniquement effectuer Rocbaron–Brignoles.

C’est là que les difficultés commencent : les usagers concernés doivent désormais se reporter sur Mouv’enbus, dont les horaires ne remplacent pas toujours ceux des cars régionaux qu’ils utilisaient auparavant. Les bus n’ont donc pas nécessairement disparu ; ce sont certaines possibilités de les emprunter qui ont changé.

Rocbaron–Brignoles : des horaires qui coincent

Selon une analyse réalisée par le Collectif des usagers des transports en Provence Verte (CUTPV), qui a comparé l’ancienne ligne régionale 848 avec les lignes Mouv’enbus 104 et 204, le cas d’un lycéen terminant ses cours à Brignoles à 15h le mercredi illustre les difficultés rencontrées : auparavant, il pouvait prendre la 848 à 15h20 et arriver à Rocbaron vers 15h55. Dans les horaires étudiés depuis la rentrée, la 104 passe à 14h45, trop tôt, puis à 16h30. L’attente avant le départ passe ainsi d’environ 20 minutes à 1h30.

La ligne 848, elle, continue de circuler entre Brignoles et Toulon en passant notamment par Rocbaron. Mais elle ne peut plus être utilisée de la même manière pour certains déplacements internes à la Provence Verte. C’est précisément ce décalage entre les cars qui continuent de circuler et les solutions réellement accessibles aux habitants qui alimente une partie du mécontentement.

À Nans-les-Pins, la desserte du centre fait débat

À Nans-les-Pins, le problème est différent. Une pétition locale réclame davantage de passages et le rétablissement d’une meilleure desserte du centre. Certains cars régionaux continuent de traverser la commune, mais tous ne desservent pas systématiquement les mêmes arrêts, notamment La Ferrage et Concert Paradis.

La contestation ne se limite d’ailleurs pas à Nans ou Rocbaron. Des difficultés sont également remontées à Tourves, Saint-Maximin, Garéoult ou La Roquebrussanne, avec des situations différentes selon les lignes : fréquence insuffisante, correspondances, horaires ou conséquences du système des « portes fermées ».

Tourves et Saint-Maximin : des correspondances à améliorer

La ligne Mouv’enbus 113 assure désormais la liaison Brignoles–Tourves–Saint-Maximin. Pour certains déplacements qui se poursuivent au-delà de Saint-Maximin, les voyageurs doivent ensuite prendre une ligne régionale. Encore faut-il que les horaires permettent une correspondance dans de bonnes conditions.

Provence Verte Agglomération envisage justement de modifier les horaires de la 113 afin de mieux les coordonner avec les cars régionaux. Saint-Maximin devient ainsi un point important de correspondance entre les deux réseaux.

Les usagers s’organisent

Face aux difficultés rencontrées depuis la rentrée, le Collectif des usagers des transports en Provence Verte s’est constitué. Sa pétition avait dépassé les 1 000 signatures au 23 septembre et le collectif a réalisé plusieurs comparaisons d’horaires pour documenter les problèmes rencontrés.

Son analyse concernant notamment Rocbaron et Brignoles a été transmise à des élus. Le collectif précise toutefois qu’à ce jour, aucune concertation directe n’est engagée avec Provence Verte Agglomération et qu’il n’a reçu aucune réponse à ses courriers ni à ses propositions de rencontre.

L’Agglomération reconnaît des « couacs »

Jean-Michel Constans, vice-président de Provence Verte Agglomération chargé des transports et de la mobilité, a reconnu des « couacs » lors de cette rentrée. L’Agglomération indique notamment ne pas avoir anticipé l’application du principe des « portes fermées » par la Région dès le 1er septembre.

Selon l’élu, conserver certaines possibilités auparavant offertes par les lignes régionales aurait représenté une demande d’environ 1,2 million d’euros de la Région. L’Agglomération a donc développé son propre réseau pour assurer les déplacements internes, mais les premières semaines ont montré que plusieurs ajustements restaient nécessaires.

Plusieurs lignes pourraient être renforcées

Provence Verte Agglomération travaille désormais sur plusieurs corrections. Des services supplémentaires sont envisagés sur les lignes 104 et 204, notamment le matin et le soir. Les horaires de la 113 Brignoles–Tourves–Saint-Maximin pourraient être adaptés, tandis qu’un prolongement de la 203 et une nouvelle organisation autour des lignes 105 et 205 sont également étudiés.

Ces adaptations représenteraient entre 350 000 et 400 000 euros supplémentaires par an selon l’Agglomération. Au 30 septembre, elles restent toutefois à l’étude et les nouvelles grilles horaires correspondantes n’ont pas encore été publiées.

Un réseau encore en rodage

Un mois après la rentrée, le problème ne se résume donc pas à une suppression de bus. La nouvelle répartition entre ZOU! et Mouv’enbus a surtout modifié les possibilités de déplacement : certaines lignes régionales continuent de circuler, mais ne sont plus accessibles pour certains trajets internes, tandis que l’offre Mouv’enbus mise en place pour les remplacer ne correspond pas encore à tous les besoins.

Les prochaines modifications du réseau seront donc particulièrement attendues par les usagers. L’enjeu est désormais de savoir quelles corrections seront effectivement retenues et à partir de quand elles apparaîtront dans les horaires.

Mise à jour du 30 septembre 2026 : le CUTPV nous précise que son analyse a été transmise à des élus, mais qu’aucune concertation directe n’est actuellement engagée entre le collectif et Provence Verte Agglomération. L’article a été corrigé sur ce point.

Un commentaire

  1. Lettre ouverte – « Une guerre de compétences dont ma fille fait les frais »
    Monsieur Muselier, Monsieur Brémond,
    Ma fille vit à Rocbaron et doit se déplacer en transports en commun pour sa scolarité et sa vie quotidienne.
    Pour cela, nous avons payé 90 € pour un PASS ZOU!, en plus de son abonnement Mouv’enbus.
    Mais cette année, une situation incompréhensible se présente : alors que ma fille utilisait son PASS ZOU! normalement à l’intérieur de Provence Verte l’année dernière, on nous explique aujourd’hui qu’elle ne peut plus l’utiliser de la même manière.
    Pourquoi ?
    Parce que les transports dépendent de compétences et de réseaux différents.
    Région, ZOU!, Provence Verte, Mouv’enbus… chacun semble avoir son périmètre, mais au final, c’est ma fille qui se retrouve au milieu de cette guerre de compétences.
    Elle, elle ne voit pas les frontières administratives.
    Elle voit simplement un bus ZOU!, un trajet et un abonnement qu’elle a payé.
    Comment peut-on accepter qu’un abonnement qu’elle pouvait utiliser l’année dernière ne lui permette plus aujourd’hui de se déplacer de la même façon, simplement parce que les collectivités ne s’accordent pas sur qui doit prendre en charge le trajet ?
    Je ne demande ni privilège ni gratuité.
    Je demande simplement que les adultes responsables des transports trouvent une solution, afin que ma fille puisse utiliser son abonnement comme elle l’a toujours fait jusqu’ici.
    Parce qu’un jeune ne devrait pas être la victime des frontières entre les compétences des collectivités.
    Une mère qui demande simplement que les transports publics fonctionnent pour ceux qui en dépendent.