Hausse des prix du carburant : et si le pire restait à venir ?

Totem de station-service affichant les prix des carburants sous un ciel bleu, illustration de la hausse des prix à Brignoles et en Provence Verte.

Le pétrole connaît une nouvelle flambée. Ce vendredi 11 septembre 2026, le Brent évolue autour de 106 dollars le baril, après avoir approché les 110 dollars dans la séance. À Brignoles et en Provence Verte, les prix à la pompe sont déjà élevés, mais la hausse du brut a été beaucoup plus rapide que celle des carburants. Essence, gazole, E85, GPL ou voiture électrique : Brignoles Aujourd’hui analyse les écarts actuels et ce qui pourrait encore évoluer dans les prochaines semaines.

⛽ Jusqu’où les prix à la pompe peuvent-ils encore monter ?
Près de 20 % de hausse du pétrole en un mois

Autour du 11 août 2026, le Brent évoluait encore sous les 90 dollars le baril, aux environs de 88 à 89 dollars. Un mois plus tard, ce vendredi 11 septembre, il se situe autour de 106 dollars, après avoir atteint près de 110 dollars dans la séance. En l’espace d’un mois, la progression approche donc 20 %. Cette accélération est nettement plus importante que celle constatée jusqu’ici dans les stations-service de Brignoles et de Provence Verte.

Des carburants déjà très chers dans le secteur

Dans les relevés récents disponibles à Brignoles, les principaux carburants se situent globalement dans les fourchettes suivantes :

ÉnergiePrix observés récemmentTendance
Gazoleenviron 2,25 à 2,34 €/L↗ En hausse
SP95-E10environ 2,06 à 2,16 €/L→ à ↗
SP98environ 2,16 à 2,26 €/L↗ En hausse
E85environ 0,84 à 0,95 €/L→ Plutôt stable
GPLenviron 1,06 à 1,15 €/L→ Plutôt stable
Électricité à domicileautour de 0,20 €/kWhÉvolution différente du pétrole

Les écarts restent importants d’une station à l’autre, mais la tendance est claire : les carburants traditionnels restent à des niveaux particulièrement élevés.

Pourquoi le prix à la pompe ne suit-il pas immédiatement le pétrole ?

Une hausse de 20 % du Brent ne signifie pas une hausse de 20 % du litre de carburant. Le prix payé à la station dépend également :

  • du coût du raffinage ;
  • du transport et du stockage ;
  • du taux de change entre l’euro et le dollar ;
  • des marges de distribution ;
  • des taxes ;
  • et du prix auquel les stocks actuels ont été achetés.

C’est ce dernier élément qui est particulièrement important. Une station peut continuer à vendre aujourd’hui du carburant acheté plusieurs jours auparavant. Lorsque ces stocks sont renouvelés à un prix plus élevé, la hausse peut apparaître avec un décalage à la pompe.

Un risque de « rattrapage » dans les prochaines semaines

C’est probablement le point le plus important de la situation actuelle. Le pétrole a augmenté beaucoup plus rapidement que les prix constatés dans les stations locales. Cela ne signifie pas que les carburants vont nécessairement connaître la même progression, mais une partie de la flambée récente pourrait encore être répercutée lors des prochains réapprovisionnements. Le risque concerne principalement le gazole, le SP95-E10 et le SP98.

E85 et GPL résistent mieux pour l’instant

Le superéthanol E85 reste nettement moins cher, avec des prix proches de 0,90 €/L dans le secteur. Le GPL reste lui aussi autour de 1,10 €/L. Ces carburants ne sont pas totalement indépendants du marché pétrolier, mais leur composition et leur structure de prix sont différentes de celles de l’essence ou du gazole. Ils apparaissent pour l’instant moins directement affectés par la flambée du Brent.

Et pour les voitures électriques ?

Pour les véhicules électriques, le raisonnement est totalement différent. Le coût d’une recharge domestique n’est pas directement indexé sur le prix du baril. Avec une électricité autour de 0,20 €/kWh, une voiture consommant environ 17 kWh/100 km coûte approximativement : 3,40 € pour parcourir 100 km à domicile.

À titre de comparaison :

  • voiture essence à 6,5 L/100 km avec un SP95-E10 à 2,15 €/L : environ 14 €/100 km ;
  • voiture diesel à 5,5 L/100 km avec un gazole à 2,30 €/L : environ 12,65 €/100 km.

La recharge rapide sur borne publique peut cependant être nettement plus chère que la recharge à domicile.

🌍 Pourquoi le baril est-il repassé au-dessus des 100 dollars ?
Le détroit d’Ormuz au cœur des inquiétudes

La principale raison de la flambée actuelle est géopolitique. Le détroit d’Ormuz constitue l’un des points de passage énergétiques les plus stratégiques au monde. Une part considérable des exportations pétrolières du Moyen-Orient y transite avant de rejoindre l’Europe, l’Asie et d’autres marchés mondiaux. Lorsque la circulation devient difficile ou incertaine dans cette zone, les marchés anticipent immédiatement un risque de pénurie.

Un trafic maritime fortement perturbé

Les tensions régionales ont provoqué une forte diminution des mouvements de navires dans le secteur. Les marchés craignent donc qu’une partie du pétrole produit dans le Golfe ne puisse plus être exportée normalement ou qu’elle doive emprunter des routes plus longues et plus coûteuses. Cette seule inquiétude suffit à faire monter les cours. Le marché pétrolier fonctionne beaucoup sur les anticipations : les investisseurs ne valorisent pas seulement le pétrole disponible aujourd’hui, mais aussi celui qui risque de manquer demain.

Les tensions au Moyen-Orient alimentent la hausse

Les affrontements impliquant notamment l’Iran et les États-Unis, les attaques contre des navires ou certaines infrastructures énergétiques ainsi que les tensions autour des routes maritimes contribuent à maintenir une forte « prime de risque » sur le pétrole. À cela s’ajoutent d’autres facteurs internationaux, notamment les attaques visant certaines infrastructures pétrolières russes. Résultat : le marché mondial est confronté simultanément à plusieurs risques sur l’approvisionnement.

Le raffinage devient lui aussi un problème

Le prix du pétrole brut ne représente qu’une partie de l’équation. Avant d’arriver dans le réservoir d’une voiture, le pétrole doit être transformé en :

  • gazole ;
  • essence ;
  • kérosène ;
  • fioul ;
  • ou autres produits raffinés.

Or les capacités de raffinage sont également sous pression. Une tension sur les stocks de carburants finis peut donc provoquer une hausse à la pompe même si le Brent cesse temporairement de progresser.

Pourquoi tous les carburants n’augmentent-ils pas au même rythme ?

Le gazole, le SP95-E10 ou le SP98 ne sont pas exactement les mêmes produits. Leur disponibilité, leur demande, leurs stocks et les capacités de production peuvent évoluer différemment. Il est donc parfaitement possible de voir le gazole augmenter fortement alors que l’essence reste temporairement plus stable, ou inversement. Le prix du Brent donne la tendance générale, mais il ne permet pas à lui seul de prévoir exactement le prix de chaque carburant.

📈 Le pire reste-t-il à venir ?
À court terme, le risque reste plutôt orienté à la hausse

Tant que le Brent reste durablement au-dessus de 100 dollars, il est difficile d’envisager une baisse importante et immédiate des carburants. La flambée du pétrole est récente et les stations peuvent encore disposer de carburants achetés avant cette hausse. Les prochains réapprovisionnements seront donc particulièrement surveillés. Si les produits raffinés restent chers, les prix affichés à Brignoles et en Provence Verte pourraient encore progresser.

Une nouvelle flambée reste possible

Le scénario le plus défavorable serait une nouvelle aggravation de la situation au Moyen-Orient. Une interruption plus importante du trafic dans le détroit d’Ormuz, une attaque contre de grandes infrastructures pétrolières ou une baisse supplémentaire des exportations pourrait provoquer une nouvelle envolée du Brent. Dans ce scénario, le prix du pétrole pourrait rester durablement très élevé et entraîner de nouvelles hausses à la pompe.

Mais une baisse rapide du pétrole reste également possible

Le scénario inverse existe. Le vendredi 11 septembre, le Brent a approché les 110 dollars avant de retomber autour de 106 dollars dans la même journée. Cette variation montre à quel point le marché est actuellement sensible aux informations diplomatiques. Une désescalade au Moyen-Orient ou une reprise normale des exportations pourrait rapidement faire retomber le pétrole. La baisse mettrait ensuite davantage de temps à se retrouver dans les stations-service.

Trois scénarios pour les prochaines semaines

Scénario 1 : détente géopolitique

Le trafic pétrolier se normalise progressivement et les marchés se rassurent. Le Brent recule et les carburants peuvent commencer à baisser avec quelques jours ou semaines de décalage.

Scénario 2 : situation tendue mais stable

Le pétrole reste autour ou au-dessus de 100 dollars. Les carburants demeurent chers et peuvent encore connaître quelques ajustements à la hausse.

Scénario 3 : nouvelle aggravation

Les perturbations de l’approvisionnement augmentent. Le Brent repart fortement à la hausse et les automobilistes subissent une nouvelle poussée des prix à la pompe.

Brignoles et la Provence Verte face au risque de rattrapage

Pour les automobilistes locaux, le point de vigilance est donc moins le prix actuel que le décalage entre la flambée du pétrole et son arrivée à la pompe. Le Brent a pris près de 20 % en environ un mois. Les prix des carburants constatés localement ont augmenté beaucoup moins rapidement. Cet écart pourrait partiellement se réduire lors des prochains réapprovisionnements. Pour autant, annoncer aujourd’hui un gazole à 2,50 € ou une essence à un niveau précis serait spéculatif. Tout dépendra de l’évolution du conflit, du raffinage et des marchés internationaux.

À retenir

Le pétrole a déjà fortement augmenté. Les prix à la pompe, eux, pourraient ne pas avoir encore entièrement absorbé cette hausse. À Brignoles et en Provence Verte, une nouvelle augmentation des carburants reste donc possible à court terme, particulièrement pour le gazole et les essences classiques. L’E85 et le GPL demeurent pour l’instant plus stables, tandis que la voiture électrique conserve un coût énergétique nettement inférieur lorsqu’elle est principalement rechargée à domicile. Mais dans un marché devenu extrêmement volatil, la situation peut changer en quelques jours.

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