Agriculture : un été 2026 éprouvant, entre pertes de récoltes et assurances sous tension
Canicules à répétition, sécheresse et restrictions d’eau : l’été 2026 a fortement éprouvé le monde agricole. Dans le Var, les fortes chaleurs et le déficit de pluviométrie ont entraîné une baisse généralisée des débits des cours d’eau. Fin août, 90 communes étaient placées en alerte sécheresse et 12 en alerte renforcée.
Les conséquences peuvent être lourdes pour les exploitations : baisse des rendements, floraisons perturbées, manque de fourrage ou difficultés à maintenir certaines productions. À l’échelle nationale, le ministère de l’Agriculture évoque des pertes de rendement atteignant en moyenne 50 % dans de nombreux territoires.
Plus d’un milliard d’euros mobilisé
Face à cette situation, le gouvernement a annoncé le 4 septembre un plan exceptionnel de plus d’un milliard d’euros.
Il comprend notamment :
- 520 millions d’euros estimés pour l’Indemnisation de solidarité nationale (ISN) ;
- 30 millions d’euros pour le régime des calamités agricoles ;
- plus de 300 millions d’euros de dégrèvements de taxe foncière sur les propriétés non bâties ;
- 235 millions d’euros pour un fonds destiné à aider les exploitations à redémarrer, notamment pour l’achat de fourrages, semences, plants ou autres intrants ;
- 20 millions d’euros supplémentaires pour la prise en charge de cotisations sociales agricoles.
Le milliard annoncé ne correspond donc pas à une somme directement versée à parts égales aux agriculteurs, mais à plusieurs dispositifs d’indemnisation, d’allègement fiscal et de soutien à la reprise de l’activité.
Dans un reportage consacré aux conséquences des canicules sur l’agriculture, un maraîcher résume son scepticisme face au montant annoncé :
« Si on répartissait ce milliard sur les 400 000 agriculteurs qu’on est aujourd’hui, ça ferait 2 500 €. Je ne vois pas en quoi ça va nous aider à passer cette crise. »
Son calcul ne reflète pas le fonctionnement réel du plan, les aides n’étant pas distribuées uniformément, mais il traduit l’inquiétude de certains professionnels face à l’ampleur de leurs pertes.
Les assurances également au cœur du débat
La question de l’assurance agricole reste cependant sensible. Certains maraîchers dénoncent notamment le coût des contrats et des couvertures jugées insuffisantes pour certaines petites exploitations.
L’ISN relève de la solidarité nationale. Pour les agriculteurs assurés, le gouvernement a relevé le plafond des acomptes de 70 à 80 % du montant prévisionnel de l’indemnisation, afin d’accélérer les versements.
Pour les professionnels du Var et de la Provence Verte, l’enjeu sera désormais de connaître précisément les pertes reconnues localement et les conditions d’accès aux différents dispositifs annoncés par l’État.
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