À Correns, la course contre la montre pour sauver 40 chevaux des flammes
Alors que l’incendie parti dans le secteur de Pontevès progressait en direction de Correns, une autre course contre la montre se jouait aux Hautes Canebières. Une quarantaine de chevaux ont dû être évacués en quelques heures. Grâce à la mobilisation de la propriétaire des lieux, d’amis et d’agriculteurs, tous ont pu être mis à l’abri.
Le feu se rapproche de Correns
Le 21 juillet 2026 restera comme une journée particulièrement éprouvante pour de nombreux habitants de la Provence Verte. Alors que l’incendie progresse dans le secteur de Pontevès, Cotignac et Correns, les flammes et l’épaisse fumée font craindre le pire dans plusieurs secteurs. À Correns, aux Hautes Canebières, la situation devient suffisamment préoccupante pour qu’une décision soit prise : les chevaux présents sur l’exploitation doivent quitter les lieux. Ils sont environ quarante. Pour Gaëlle Mistre, propriétaire du centre équestre, commence alors une véritable course contre la montre.
Six heures pour mettre les chevaux à l’abri
L’évacuation débute vers 17 heures. Déplacer autant de chevaux ne s’improvise pas. Il faut pouvoir les récupérer, les sécuriser, disposer de véhicules adaptés et surtout trouver des endroits suffisamment éloignés du danger pour les accueillir. Une difficulté supplémentaire vient compliquer l’opération : l’accès aux Hautes Canebières n’est pas particulièrement adapté à un ballet de véhicules transportant des chevaux. Une organisation est donc mise en place.
Les animaux sont d’abord regroupés et sécurisés à l’entrée du village de Correns, afin de faciliter leur prise en charge et leur transport. Pendant plusieurs heures, les évacuations se succèdent. Il faudra attendre 23 heures, soit environ six heures après le début de l’opération, pour que l’ensemble des chevaux ait pu être évacué.
Amis et agriculteurs répondent présents
Face à l’urgence, Gaëlle Mistre peut compter sur une mobilisation autour de l’exploitation. Des amis et des agriculteurs viennent prêter main-forte pour permettre le transport des animaux et les éloigner de la zone menacée. Cette solidarité va jouer un rôle déterminant.
Car lorsqu’un incendie approche d’une structure accueillant plusieurs dizaines de chevaux, le défi est considérable. Contrairement à l’évacuation de quelques animaux domestiques, chaque cheval nécessite une prise en charge adaptée et des moyens de transport spécifiques. Cette nuit-là, la chaîne de solidarité fonctionne. La quarantaine de chevaux des Hautes Canebières est mise en sécurité.
Au matin, un parc complètement vide
Le lendemain, Gaëlle Mistre peut revenir sur son exploitation. L’image est inhabituelle. Dans le parc où se trouvent normalement une quarantaine de chevaux, il ne reste alors qu’une vache. Les chevaux sont ailleurs, dispersés dans différents lieux où ils ont pu être accueillis le temps que la situation permette leur retour. À proximité du ranch, pourtant, la fumée est toujours visible. Le feu n’est pas encore totalement éteint et les secours poursuivent leur intervention. Mais pour les animaux, l’essentiel est acquis : ils ont échappé aux flammes.
Une histoire de solidarité au cœur de l’incendie
Les incendies sont souvent racontés à travers les hectares parcourus par le feu, les moyens engagés par les sapeurs-pompiers, les habitations menacées ou les dégâts matériels. Mais derrière ces bilans se déroulent aussi des histoires beaucoup plus personnelles. Celle des Hautes Canebières en fait partie. Pendant quelques heures, propriétaires, amis et agriculteurs ont uni leurs moyens autour d’un même objectif : ne laisser aucun cheval derrière eux.
L’évacuation réussie de cette quarantaine d’animaux constitue ainsi l’une des histoires heureuses au milieu d’un incendie qui aura profondément marqué ce secteur de la Provence Verte. Aujourd’hui, les Hautes Canebières restent référencées à Correns pour leurs activités équestres, avec notamment des promenades à cheval et à poney, des randonnées et des balades en calèche. Une activité qui rappelle aussi qu’après l’urgence et les images impressionnantes du feu, la vie reprend progressivement son cours.
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