Berges du Caramy à Brignoles : où en est le projet et quand débuteront les grands travaux ?

Le Caramy à Brignoles au niveau du centre-ville, avec ses berges et un pont lors d’une montée des eaux.

BRIGNOLES — Après les premiers travaux préparatoires engagés ces derniers mois, le vaste projet de réaménagement du Caramy poursuit son chemin. Démolition de l’ancienne caserne des pompiers, déplacement de réseaux, procédures administratives : le terrain se prépare. Mais la transformation des berges proprement dite ne devrait débuter qu’à la fin de l’année 2028. Brignoles Aujourd’hui fait le point sur ce projet majeur pour la ville.

En mars dernier, la démolition de l’ancien bâtiment des pompiers de la Burlière donnait pour la première fois une traduction très concrète au projet de réaménagement des berges du Caramy.

Cinq mois plus tard, où en est réellement le dossier ?

Car derrière les travaux déjà visibles se prépare une opération d’une tout autre ampleur : près de trois kilomètres de cours d’eau doivent être réaménagés dans la traversée de Brignoles afin de réduire la vulnérabilité de la ville aux inondations, mais également de redonner davantage de place au fonctionnement naturel du Caramy.

Un projet directement lié au risque d’inondation

Porté par le Syndicat Mixte de l’Argens (SMA) dans le cadre du Programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) Argens et côtiers de l’Estérel, le projet constitue l’Action 45 de ce programme.

Son objectif principal est hydraulique.

Dans plusieurs secteurs urbanisés de Brignoles, l’espace disponible pour le Caramy limite sa capacité d’écoulement lors des crues importantes. Le projet prévoit donc de remodeler le lit et les berges afin d’augmenter la quantité d’eau susceptible de transiter dans la traversée de la ville.

L’aménagement doit notamment permettre la création d’un « lit moyen », intermédiaire entre le lit habituel du Caramy et les zones sollicitées lors des crues importantes.

L’objectif affiché par le SMA est de protéger le centre-ville face à une crue de période de retour de 50 ans.

Une crue dite « cinquantennale » ne signifie pas qu’elle survient une fois tous les cinquante ans : elle correspond à un événement présentant, statistiquement, une probabilité de 2 % de se produire chaque année.

Selon les données actuellement présentées par le Syndicat Mixte de l’Argens, l’aménagement permettrait de protéger environ 95 % des habitants qui avaient été inondés lors de l’événement de 2019.

Près de trois kilomètres de Caramy concernés

Le projet dépasse largement le seul secteur de l’ancienne caserne.

Environ trois kilomètres de cours d’eau sont concernés dans la traversée urbaine de Brignoles.

Les interventions envisagées varient selon les secteurs. Elles comprennent notamment l’élargissement localisé du lit, le remodelage des berges, leur mise en pente plus douce et la création d’espaces capables d’accueillir davantage d’eau lors des crues.

Plusieurs ouvrages ou équipements sont également directement concernés par le projet.

Les documents du SMA prévoient notamment :

  • le remplacement et l’agrandissement de la passerelle Sadi-Carnot ;
  • le remplacement et l’agrandissement de la passerelle des Tambourins ;
  • la déconstruction du city-stade ;
  • la réalisation d’un chenal destiné aux écoulements en période de crue ;
  • l’arasement de certains merlons ;
  • des élargissements ponctuels permettant la création de berges en pente douce.

Le visage de plusieurs secteurs longeant le Caramy devrait donc être sensiblement modifié.

Une dimension environnementale importante

L’opération n’est cependant pas uniquement destinée à faire transiter davantage d’eau.

Le réaménagement doit également permettre de restaurer une partie du fonctionnement écologique du Caramy.

Le SMA annonce notamment environ 1,7 kilomètre de végétalisation et 3,3 kilomètres d’habitats aquatiques reconnectés.

Les futures berges doivent recevoir une végétation adaptée au milieu local. Le projet vise également à favoriser les échanges entre la rivière et sa nappe, à diversifier les habitats aquatiques et à développer des espaces végétalisés susceptibles de participer à la création d’îlots de fraîcheur en ville.

L’idée générale est donc de donner davantage d’espace à la rivière plutôt que de chercher uniquement à la contenir entre des ouvrages artificiels.

Mars 2026 : l’ancienne caserne disparaît

C’est l’une des premières opérations visibles du projet.

Fin mars 2026, la démolition de l’ancien bâtiment des pompiers situé dans le secteur de la Burlière, à proximité de la rue Henri-Colombet, a débuté.

Brignoles Aujourd’hui avait consacré une publication à cette opération le 30 mars.

Le bâtiment avait longtemps fait partie du paysage du quartier. Les logements avaient accueilli les officiers des sapeurs-pompiers de 1979 à 2010, tandis que la remise avait servi aux véhicules d’intervention entre 1980 et 2007, avant le transfert vers la nouvelle caserne. Des locaux avaient également été utilisés plus récemment par l’école de musique.

Sa disparition répond toutefois directement aux besoins du futur aménagement : l’emprise doit être libérée afin de permettre l’élargissement du Caramy dans ce secteur.

La démolition nécessitait également des précautions particulières en raison de la présence d’amiante et de plomb et de l’état de la toiture, fragilisée par un incendie survenu en 2024.

Le coût annoncé de cette opération était de 160 000 euros hors taxes.

Un réseau d’eau potable a également dû être déplacé

Autre étape moins spectaculaire mais indispensable : le dévoiement d’un réseau d’eau potable.

Une canalisation franchissait jusqu’alors le Caramy sur un ouvrage aérien incompatible avec la future configuration du cours d’eau.

Le réseau a donc dû être déplacé.

Les travaux ont notamment concerné le secteur de l’avenue de la Burlière, la rue Barbaroux et le pont des Augustins, avant de rejoindre la rue Théodore-Linari et la traverse Saint-Lazare.

Cette opération devait être achevée au plus tard en juillet 2026.

Démolition des bâtiments situés dans les futures emprises, déplacement des réseaux : les interventions observées en 2026 correspondent donc avant tout à une préparation du terrain.

Les grands travaux ne sont pas prévus avant fin 2028

C’est probablement le point le plus important pour comprendre l’état actuel du dossier.

Les opérations réalisées en 2026 ne correspondent pas encore au grand chantier de transformation des berges.

Le calendrier actuellement présenté par le Syndicat Mixte de l’Argens distingue une première phase de travaux préparatoires, engagée à partir de la fin de l’année 2025 et prévue jusqu’à la fin de l’été 2026.

Le projet principal reste quant à lui en cours d’instruction auprès des services de l’État.

Le début prévisionnel des grands travaux d’aménagement est désormais annoncé pour fin 2028.

Leur durée est estimée à environ deux ans.

Si ce calendrier est respecté, la transformation du Caramy pourrait donc se poursuivre jusqu’en 2030.

Un calendrier qui a pris du retard

Ce calendrier est sensiblement différent de celui envisagé lors des précédentes étapes du projet.

Les documents antérieurs prévoyaient les études de conception durant l’hiver 2022-2023 et l’été 2023, puis une phase de concertation publique organisée du 1er février au 5 mars 2024.

Les dossiers réglementaires devaient ensuite être déposés en 2024, avant leur instruction et la publication des autorisations.

Les premiers travaux préparatoires étaient envisagés à partir de l’automne 2025.

Surtout, le calendrier initial prévoyait une fin des travaux en 2027.

Le calendrier aujourd’hui communiqué prévoit désormais le début du chantier principal à la fin de l’année 2028.

La fin de l’opération pourrait ainsi intervenir environ trois ans plus tard que dans le calendrier initial.

Pourquoi autant de temps avant le chantier ?

Une opération de cette ampleur nécessite de nombreuses procédures avant le premier terrassement.

Le projet doit notamment répondre aux contraintes hydrauliques et environnementales, mais également aux règles d’urbanisme.

Une procédure de déclaration d’utilité publique et de mise en compatibilité du Plan local d’urbanisme de Brignoles est notamment associée à l’Action 45.

Certains terrassements prévus concernent des berges bénéficiant actuellement de protections au titre du PLU. Les documents d’urbanisme doivent donc être compatibles avec les futurs aménagements.

Cela ne signifie pas pour autant que ces espaces doivent être artificialisés : les documents consacrés au projet prévoient au contraire leur renaturation après les travaux.

Le phasage précis du chantier reste à connaître

Si les principaux aménagements et le calendrier général sont désormais connus, une information importante manque encore : dans quel ordre les différents secteurs du Caramy seront-ils aménagés entre 2028 et 2030 ?

À ce stade, aucun phasage opérationnel détaillé accessible publiquement ne permet d’établir avec certitude quel tronçon sera traité en premier, puis quels secteurs suivront.

Il serait donc prématuré d’affirmer que les travaux commenceront, par exemple, par la Burlière, les Tambourins, le secteur des Augustins ou celui de Sadi-Carnot.

Ce calendrier détaillé devrait devenir particulièrement important à l’approche du chantier : les travaux auront nécessairement des conséquences locales sur les cheminements, certains équipements, les passerelles et potentiellement la circulation aux abords du Caramy.

2026 prépare donc le Caramy de 2030

La démolition de l’ancienne caserne des pompiers au printemps pouvait donner l’impression que le grand chantier des berges avait commencé.

La réalité est plus nuancée.

2026 correspond essentiellement à la préparation des futures emprises. Les grands travaux sont aujourd’hui annoncés à partir de fin 2028.

À terme, l’objectif est beaucoup plus ambitieux que la transformation ponctuelle de quelques berges : il s’agit de repenser près de trois kilomètres de Caramy à travers Brignoles pour concilier protection contre les inondations, fonctionnement hydraulique, renaturation et intégration du cours d’eau dans la ville.

Un projet qui devrait donc accompagner Brignoles pendant encore plusieurs années.